Vie chère, négociations salariales au point mort dans la fonction publique, système éducatif au bord de la crise de nerf, ce n’est pas la lettre de soutien du Premier ministre adressée à notre directrice générale qui va arranger l’immédiateté de nos quotidiens.
Depuis 2015, nous vivons sous le régime de la restructuration permanente : rien de stabilisé, des process qui changent constamment quand d’autres malheureusement perdurent, des tâches nouvelles et toujours en plus grand nombre ; la situation est vraiment difficile à vivre, car on a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais.Depuis le COVID, on travaille sans faillir et le sentiment d’atteindre nos limites n’épargne personne, que l’on soit administratif·ves, médiateurices ou cadres, et sans forcément pouvoir ou vouloir le dire. Même si le chantier n’est pas mince, les arbitrages promis par la direction pour concentrer nos tâches tardent (et ne comptons plus sur la compensation d’une prime exceptionnelle).
De même, le modèle économique (renommé modèle de soutenabilité budgétaire pour faire passer la pilule et culpabiliser les agent·es) n’est toujours pas défini. La FSU revendique à nouveau une subvention pour charge de service public de 100 %, pour couvrir à la fois nos salaires et toutes les dépenses essentielles pour nos missions. Toutes nos productions doivent être regroupées et accessibles gratuitement aux établissements scolaires, en nous laissant la possibilité, en bonus et si cela est pertinent, de marchandiser notre savoir-faire auprès des collectivités et des entreprises.
Le nouveau contrat d’objectif et de performance (COPERF) signé récemment entre Canopé et le ministère de l’Éducation nationale apporte à la fois des clarifications et des interrogations, comme par exemple l’injonction de réduire les surfaces occupées (calculée dans une logique purement comptable par Bercy, la surface moyenne par agent·e est de 50 m2). Sans jouer les Cassandre, nous sommes inquiet·es sur l’avenir des Ateliers (surface cible comprise entre 200 et 300 m2) : les coûteux déménagements et travaux nécessaires (réhabilitations, accueil d’autres services publics, locations dans le parc privé) peuvent rapidement servir de prétexte facile pour réduire la portée des Ateliers (ouvert 1 jour par semaine à l’aide de MRS volant·es, par exemple), voire fermer les plus petits.
Pour beaucoup d’entre nous, la situation a malgré tout favorablement évolué depuis 1 an et demi ; certaines équipes, services, Ateliers et DT commencent à trouver leurs marques, se posent moins de questions et se projettent positivement à court terme. Mais ce constat ne doit pas cacher une autre réalité, celle d’une fracture professionnelle qui se creuse de jour en jour avec d’autres collègues mal accompagné·es par leur hiérarchie (il reste à opérer un travail de titan pour mettre à niveau le management), qui parviennent difficilement à trouver un sens à leur travail, malgré les groupes de travail nationaux, animations de la Fabrique et autres projets qui ne cessent d’apparaître et ne font qu’apporter confusion et perte de repères pour des collègues qui ont le sentiment d’être abandonnés.
En attendant, profitons des congés de fin d’année pour retrouver de l’envie, de la motivation et attaquer 2022 avec détermination, lucidité et combativité.
Bons congés et à l’année prochaine.
Vos représentantes FSU des commissions territoriales, conseil d’administration, CHSCT et comité technique  : Catherine, Marie, Myriam, Emmanuel, Anne-Isabelle, Guillaume, Chantal, Frédéric, Viviane, Denis, Émilie, Dominique, Carine, Catherine, Antoine, Marylène, Daniel, Jean-Alain, Pascal, Michel, Arnaud, Olivier, Françoise, Alberto, Marc-Antoine